Espèces disparues

Selon les évaluations du WWF, entre 3 et 130 espèces disparaissent chaque jour. Bien que ce nombre ne soit pas incontesté au sein de la communauté des spécialistes, ceux-ci s’accordent néanmoins sur le fait que l’on va au devant d’une extinction massive des espèces sur la terre. Les techniques de la biologie synthétique et de la médecine reproductive pourraient aider à reconstruire des espèces disparues.

Le pigeon migrateur et le burcado sont deux des espèces disparues faisant l’objet de projets de dé-extinction. Illustration: adaptée de Thomas Gilbert Pearson (à gauche) und Richard Lydekker (à droite).
Le pigeon migrateur et le burcado sont deux des espèces disparues faisant l’objet de projets de dé-extinction. Illustration: adaptée de Thomas Gilbert Pearson (à gauche) und Richard Lydekker (à droite).

Selon les estimations récentes, il y a environ 5 millions d’espèces d’eucaryotes (non bactériennes) sur la terre (les différences entre estimations oscillent entre 5 +/- 3 millions). Seules 1.5 million d’espèces ont été identifiées et dénommées. Chaque dix ans disparaissent 0.01 à 1% des espèces.1

Au vu des nouvelles techniques que la biologie moléculaire met à notre disposition la question se pose de savoir si la reconstruction de certaines de ces espèces serait faisable, pour autant que des exemplaires conservés (congelés par exemple) puissent être clonés à l’aide de proches parents vivants actuellement, et si une telle entreprise serait raisonnable.

Des défis majeurs

Il faudrait tout d’abord disposer du génome de l’espèce disparue. Puis ce génome devrait être extrait et reconstruit pièce par pièce au laboratoire. Les séquences détériorées et manquantes devraient être complétées. Enfin ce génome devrait être transféré dans un ovocyte prélevé chez une proche parente vivante. L’ovocyte contenant le génome reconstitué devrait être implanté dans une mère porteuse (proche parente vivante également), afin de se diviser et donner un embryon capable de se développer et de vivre après la naissance.

Qu’un animal ainsi conçu vienne une fois au monde, il est tout sauf sûr qu’il survive et que l’on puisse l’élever. En outre il faudrait produire un nombre minimal de ces animaux avec une diversité génétique suffisante pour constituer une nouvelle population viable et équilibrée. Les divers essais effectués jusqu’ici n’ont, et de loin, pas atteint leur but. Deux de ces essais les plus connus concernent la reconstruction du pigeon migrateur, une espèce de pigeon nord-américaine disparue en 1918, et celle du burcardo, une espèce de chèvre des Pyrénées qui s’est éteinte en 2000 (cf figure).2,3

 

Vidéo: Reconstruire des espèces disparues

En quoi est-ce de la biologie synthétique?

Les espèces disparues ne peuvent être ressuscitées de manière naturelle. Si elle  devait s’avérer possible, la reconstruction dépendrait essentiellement de l’usage des techniques de biologie moléculaire permettant de maîtriser la production de longs brins d’ADN et des techniques de médecine reproductive. Les résultats de ces techniques seraient des animaux imprégnés plus ou moins fortement par la physiologie de leurs mères donneuses et porteuses.

Activités en Suisse

Aucun projet n’a été développé en Suisse jusqu’à maintenant (2014).

Conséquences pour la société

S’il devait être une fois possible de produire et élever des individus viables à partir d’espèces disparues, se poserait la question de savoir si ceux-ci seraient capables de se maintenir et de se reproduire dans l’environnement actuel. La disparition des espèces laisse supposer que les conditions environnementales n’étaient plus réunies pour assurer leur survie. Or les données actuelles  montrant que leur capacité de survie – pour autant qu’elle soit avérée – est très limitée, de tels individus rencontreraient beaucoup de difficultés à affronter un environnement qui, depuis leur disparition, a encore changé considérablement.4 Peut-être leur survie serait-elle envisageable en jardin zoologique.

Informations additionnelles

Fondation pour le sauvetage génétique d’espèces disparues
La „Long Now Foundation“ aspire au sauvetage d’espèces menacées ou disparues et prône dans ce but l’utilisation du génie génétique et de la biologie synthétique (anglais).

Littérature

  1. Costello MJ et al. (2013) Can we name earth’s species before they go extinct? Science 339 (6118): 413-416. Lien
  2. Stone R (2013) Fluttering from the ashes? Science 340 (6128): 19. Lien
  3. Folch J et al. (2009) First birth of an animal from an extinct subspecies (Capra pyrenaica pyrenaica) by cloning. Theriogenology 71( 6): 1026-1034. Lien
  4. Sherkow JS and Greely HT (2013) What if extinction is not forever? Science 340 (6128): 32-33. Lien

  • Publications

HOTSPOT 31: Chances et limites de la réintroduction des espèces
  • 01.04.2015

HOTSPOT 31/15: Chances et limites de la réintroduction des espèces

Les opinions divergent sur la nécessité, le potentiel et les risques liés aux réintroductions. Plusieurs raisons peuvent l’expliquer, telles que les différences biologiques et écologiques liés à l’organisme. De plus, les experts redoutent que les réintroductions puissent éveiller l’espoir que la nature détruite peut se reconstituer facilement. Aujourd’hui déjà, il est beaucoup plus facile de dégager des crédits pour l’acquisition d’une nouveauté que pour la conservation de ce qui existe, comme, par exemple, pour le domaine récent de la biologie synthétique. Ces scientifiques, à l’aide d’ADN génétiquement modifiés, entendent promouvoir la biodiversité en accroissant la diversité génétique chez les espèces menacées ou en créant des résistances contre les maladies,… ou en ramenant à la vie des espèces disparues. Dans ce numéro, l’avis et l’expérience de différents experts y sont présentés afin de mieux comprendre le débat sur les réintroductions.

D'autres exemples?

Algen

Produire de l'énergie avec des cellules d'algues

Umweltverschmutzung erkennen

Identifier facilement l'arsenic dans l'eau potable?

DNA Profil

Traiter le diabète sans injections?

Thèmes additionnels

Boîte à outils

point d'interrogation

Qu'est-ce qu'un gène? Et quelle est la différence entre un virus et une bactérie?

Les concepts et les termes les plus importants expliqués ici :